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Préservation et valorisation des patrimoines : un enjeu pour le territoire

Au cours de ces dernières années, la Communauté Urbaine d’Alençon (CUA) s’est dotée de différents documents d’orientation et plans d’actions qui prennent en compte les notions de préservation et de valorisation des patrimoines (culturel, architectural et environnemental) : Agenda 21 (2010), Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT- 2014), Agenda 21 # 2 (2015), Projet de territoire (2019), Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi - en cours d’élaboration, adoption prévue au 1er semestre 2020).

Consciente de la richesse et de la diversité de ses patrimoines et de ses paysages, localisés entre ville et campagne, la CUA s’attache à les faire (re)découvrir à ses habitants et aux touristes qui fréquentent le territoire. Une politique de promotion des richesses locales est ainsi menée dans une volonté de les partager avec le plus grand nombre et de faire connaître l’identité du territoire.

En janvier 2016, la CUA a créé un office de tourisme communautaire (sous forme d’EPIC) et a lancé une étude de stratégie de développement touristique qui a permis de mettre en avant des objectifs à court et moyen terme. Positionner le territoire comme une destination de tourisme de qualité, à vocation patrimoniale et environnementale, est  un enjeu majeur pour la collectivité.

Un patrimoine naturel d’exception

La CUA, à la jonction du Parc naturel régional Normandie-Maine et du Parc naturel régional du Perche, présente une grande richesse naturelle (flore, faune, géologie) qui caractérise son identité. Elle est parcourue par de nombreux cours d’eau et des zones humides qui forment un riche réservoir de la biodiversité et concentre de nombreux paysages (bocage, plaines et forêts).

La CUA, qui s’étend sur une superficie de 460 km2, est située à la frontière de deux formations géologiques : le Massif armoricain à l’ouest et la Bassin parisien à l’est. Elle a la particularité d’être cernée de lignes de crêtes largement boisées. Au nord, la forêt d’Écouves qui culmine au Signal d’Écouves (Fontenay-les-Louvets), au nord-ouest, le bois de Chaumont qui culmine à la Butte Chaumont (entre Pacé et Saint-Denis-sur-Sarthon), à l’ouest, la forêt de Multonne, au sud-ouest, les Alpes Mancelles et au sud-est, la forêt de Perseigne. Ces forêts verdoyantes sont propices aux balades pédestres, équestres ou VTT.

La CUA est également traversée par la Voie Verte* qui relie Condé-sur-Huisne à Alençon et dispose d’une nouvelle station de trail située en forêt d’Écouves (une 10aine  de parcours balisés seront accessibles à tous les niveaux de pratique, du débutant au coureur confirmé - https://stationdetrail.com/stations/massif-decouves).

Ainsi, les amateurs de marche, de course à pied, de sports équestres ou de pêche de marche trouveront leur bonheur sur le territoire de la CUA.

Une histoire locale à découvrir

Le territoire de la CUA offre de nombreuses activités touristiques et des visites diverses. Il dispose d’un patrimoine bâti riche et varié (du Moyen Âge au XXe siècle). La présence de seigneurs, nobles, bourgeois et commerçants illustre le rayonnement d'Alençon où sont conservés notamment la demeure seigneuriale dite Maison d'Ozé (XVe s.) ou l'Hôtel de Guise (XVIIe s.) actuel siège de la préfecture. Dans les communes rurales, ce patrimoine est principalement composé de petits châteaux et manoirs tels que le manoir de Pacé (XVe s.) qui fut probablement une ancienne maison de Templiers, le Logis d'Héloup (XVe s.), le logis de Cerisé (probable résidence des ducs d'Alençon) ainsi que le château de Courtilloles de Saint-Rigomer-des-Bois (Villeneuve-en-Perseigne) bâti au XVIIIe siècle. 98 édifices sont reconnus au titre des Monuments Historiques et 10 sites sont classés ou inscrits, dont le centre-ville ancien d’Alençon et une partie de la commune de Saint-Céneri-le-Gérei.

 

Retrouvez l’offre touristique sur le site de l’office de tourisme de la CUA.

Focus sur quelques incontournables d’un patrimoine remarquable et singulier.

La dentelle, fleuron local

L’industrie textile (tissu, fil et dentelle) a apporté une large prospérité au territoire dès le XVIIe siècle et jusqu’au milieu du XIXe siècle. La pratique de la dentelle à l’aiguille semble avoir existé sur la Communauté Urbaine dès le XVIe siècle. Étant donné l'existence de ce savoir-faire dentellier et de la matière première disponible (le lin), Colbert décida, en 1665, l'installation d'une manufacture royale de dentelle. Le point d’Alençon, quintessence de la technique de la dentelle à l’aiguille, découle de la division en dix étapes successives de sa réalisation, imaginée par une alençonnaise Marthe de La Perrière (1605-1677). Ainsi les dentellières des différents villages autour d’Alençon se spécialisèrent (La Roche-Mabile et Gandelain pour le rempli, Damigny pour la trace et le réseau, etc.). La finesse et la sophistication progressive de la dentelle au point d’Alençon lui permettent d’atteindre l’excellence dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Plusieurs milliers de dentellières travailleront simultanément le point d’Alençon sur le territoire (jusqu’à 10 000), mais tout comme le commerce de la toile, l’activité déclinera dans la seconde moitié du XIXe siècle. Depuis lors, le savoir-faire de la dentelle au point d’Alençon a progressivement intégré le champ patrimonial. Depuis plus de cent ans, un ensemble d’initiatives se sont succédé pour maintenir ce savoir-faire. Aujourd’hui, il est sauvegardé par l’Atelier conservatoire national de dentelle et de broderie d’Alençon fondé par le Mobilier national en 1976 en partenariat avec la Ville d’Alençon et la CUA. Le savoir-faire de la dentelle au point d’Alençon, maîtrisé par la dizaine de dentellière de l’Atelier conservatoire, est, depuis 2010, un des dix-sept éléments français inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Des pièces remarquables sont à retrouver au musée des Beaux-arts et de la Dentelle - http://museedentelle.cu-alencon.fr/

Villeneuve-en-Perseigne

Villeneuve-en-Perseigne est une commune nouvelle regroupant 6 anciennes communes : Chassé, La Fresnaye-sur-Chédouet, Lignières-La Carelle, Montigny, Roullée et Saint-Rigomer- des-Bois.

Elle se déploie sur un territoire largement boisé et sauvage et dispose d'un patrimoine bâti remarquable (châteaux, manoirs…) et d'un belvédère, situé sur le point culminant du département de la Sarthe (341 m.) offrant une vue panoramique sur une forêt de plus de 5 000 ha.

 

Le musée du Vélo “La Belle Échappée” y est à découvrir (La Fresnaye-sur-Chédouet). Le musée permet aussi bien aux passionnés qu’aux curieux, de voir et de comprendre l’évolution du vélo et de sa pratique en compétition depuis la fin du XIXe siècle. À travers des bicyclettes et des équipements d’époque, des maillots ayant appartenu à des champions (maillot jaune de Jacques Anquetil, maillot de champion du monde d'Eddy Merckx), ainsi que des montages vidéos d’images d’archives, le visiteur peut remonter le temps et se plonger dans ce qui a construit la légende du cyclisme.

www.lemuseeduvelo.fr

 

À visiter également la maison de l'artiste Gaston Floquet (Saint-Rigomer-des-Bois). Ouverte au public par l’association Les amis de Gaston Floquet, cette maison fut la demeure de l’artiste de 1972 à sa mort en 2001. Le public peut y découvrir les différents aspects de la vie de l'artiste : ses métiers, les livres qu'il a traduits, un grand nombre d’œuvres qu’il a réalisées, etc. Chaque année, une exposition d’art contemporain est organisée au sein de la maison.

www.gaston-floquet.org

Alençon 

Construite à la confluence de la Sarthe et de la Briante, Alençon présente à ses visiteurs les quartiers pittoresques d’une vieille ville préservée et un patrimoine végétal omniprésent. Toute l'année, des événements culturels, artistiques et sportifs animent la Ville. Alençon fonde sa renommée sur l’un des arts les plus délicats, celui de la dentelle au point d’Alençon, un savoir-faire inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (Unesco) depuis novembre 2010. La spiritualité marque aussi l'histoire alençonnaise. Alençon est la ville où ont vécu les saints Zélie et Louis Martin (canonisés en 2015), les parents de sainte Thérèse de Lisieux.

www.alencon.fr

Héloup

Sur le point culminant de la commune (201 m d'altitude) a été construit près du méridien de Greenwich, à 0° 1' 48" est, un observatoire astronomique. La commune compte également 3 châteaux : Beauvais (XIXe s.), la Carlière (XVIIe s.) et le Logis (demeure du XVe s. réaménagée les siècles suivants, notamment avec l'ajout d'une chapelle en 1657). Autre spécificité de la commune : la présence dans l'église sainte Madeleine (XIXe s.) d'un panneau peint représentant l'Adoration des Bergers.

Saint-Céneri-le-Gérei

De son riche passé, Saint-Céneri-le-Gérei a su conserver un patrimoine qui lui a valu d'être reconnu “Petite cité de caractère” et classé parmi les "Plus Beaux Villages de France" : le pont sur la Sarthe, l’église romane et ses fresques du XIIe et du XIVe siècle, la chapelle du Petit Saint-Céneri et ses légendes ainsi que l’auberge des sœurs Moisy où les peintres se retrouvaient. Chaque année, Les Rencontres de Saint-Céneri (anciennement Rencontre annuelle des peintres, manifestation néé en 1983), font revivre le passé artistique du village. Cet évènement, organisé sur le temps du week-end de la Pentecôte, accueille une quarantaine d’artistes semi-professionnels et professionnels confirmés (peintures, sculptures, gravures, photographies, vidéos) et rassemble de 10 000 à 15 000 visiteurs. Le village dispose également d’un magnifique patrimoine naturel que l’on peut apprécier grâce aux circuits de randonnée.

www.saintceneri.org

Saint-Germain-du-Corbéis

Saint-Germain-du-Corbéis était formé au XVIIe siècle de deux paroisses, Saint-Germain et Saint-Barthélemy, dont l’église et la chapelle respectives existent toujours. À noter : l'église Saint-Germain-d’Auxerre (XIXe s.) abrite une Vierge à l'Enfant du XIVe siècle classée à titre d'objet aux Monuments historiques. À découvrir également deux châteaux du XIXe siècle : le château de l'Isle et le château de Chauvigny ; la passerelle et le déversoir du moulin ; le pont devenu le vieux pont (XIXe s.) ; la cheminée de l'ancienne tannerie (en activité jusqu'en 1925) et la ligne de tramway qui fonctionna de 1914 à 1933.

www.stgermainducorbeis.fr

Saint Paterne-Le Chevain

La commune abrite un château du XVe siècle, profondément remanié en 1830 et qui est aujourd’hui une maison d'hôtel 4 étoiles. Une chambre y porte le nom d'Henri IV en souvenir de son passage en 1589. À voir également dans la commune : l'église (XIIe s.) qui renferme notamment un retable du maitre autel du peintre J. Abot (1630) et la chapelle romane de Saint-Gilles (XIIe s.).

Saint-Paterne (commune déléguée)

Le Chevain (commune déléguée)

Quelques exemples en photos :

De Ciral à Villeneuve-en-Perseigne, les autres communes de la CUA ont préservé un large patrimoine bâti : églises, chapelles, manoirs, lavoirs…